Ultra Runners

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    C'est quoi, une "course difficile" ?

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    Frank

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  Frank le Jeu 13 Oct 2011 - 19:37

    Salut à tous,

    Je viens de tomber par hasard sur ce "débat" et j'ai vraiment trouvé vos messages très intéressant. Je partage complètement toutes vos impressions et notamment ceux qui n'ont pas "pensé" durant la course.

    Pour ma part, au delà de toutes les émotions et moments très forts que j'ai eu la chance de ressentir durant le MDS, c'est cette absence de vagabondage mental qui m'a le plus marqué durant cette épreuve. Habitué des treks ou l'on marche de longues heures, ou l'esprit divague et amène à se poser des questions notamment sur soi et la futilité de notre vie de "civilisé", je n'ai jamais durant le MDS eu ce genre de pensées, ni aucune autre d'ailleurs, hormis celle d'avancer toujours et toujours jusqu'à franchir la ligne d'arrivée..

    La solitude et l'immensité du désert, réalités de treks, n'ont jamais été pour moi le cas aux Sables, mais j'avais l'obsession d' être le plus compétitif possible au vu de mes possibilités, d'éviter la blessure, de bien récupérer, cela m'a mis dans une bulle et m'a un peu déconnecté de l'environnement. J'ai vécu ce MDS de manière très intense, découvert chez moi des facultés et des fonctionnements physiologique et mentaux que je n'imaginais pas. J'ai aussi vraiment découvert le partage d'une telle aventure, quand tu souffres physiquement et moralement, quand tu vas "sortir" de la course et qu'un ami (merci Laurent Very Happy ) te prends en charge et t'emmènes au bout. Pour moi ce conditionnement de la tête est révélateur que l'on est bien dans une compétition et que l'on cherche à atteindre un objectif (classement, finir, en marchant sur 2 jambes, sur 1, etc...)

    Je ne sais pas si ce fut particulièrement difficile, j'ai eu la chance de n'avoir aucune blessure. J'ai essayé de quantifier et de comparer notamment avec la CCC et j'avoue ne pas savoir... Déception? Aucune! Si! Une! L'arrivée qui dans mon imaginaire était plus émouvante et symbolique, là j'avoue avoir été déçu par le coté kermesse, bain de foule et coude à coude pour récupérer la médaille... No
    Plaisir? Énormément! Dès que j'ai eu digéré j'ai ressenti le besoin d'y retourner, de revivre ces moments avec cette force et c'est pour cela que je me suis inscrit en 2012! Pour vivre les Sables avec plus de recul, de sérénité face à l’évènement, d'un petit peu d'expérience aussi et surtout plus d'ouverture à l'environnement, bref comme dirait Guy en étant un peu moins "simple d'esprit". Pour que ce ne soit qu'un grand moment de plaisir, surtout si la chance continue à me protéger des blessures, des ampoules et des des tracas de la vie en autonomie dans le désert... Cool

    C'est pour ça que je recommanderais à ceux que j'aime de faire le MDS.... Wink
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    PhJacques

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  PhJacques le Jeu 6 Mai 2010 - 23:03

    c'est quand la 333 quand est ce qu'ils ouvrent leurs inscriptions ces gens là 333 ? Phil'

    guy

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  guy le Jeu 6 Mai 2010 - 20:46

    tu crois qu on y pense pas
    mais l utmb est le sesame qui peut nous ouvrir cette porte
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    fred

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  fred le Jeu 6 Mai 2010 - 18:04

    je vous l'avais dit que cette course était à la portée de chacuns. Elle est belle, fatiguante mentalement, usante physiquement mais il n'y a que la blessure qui peut ne pas faire terminer ce genre d'épreuve.
    Effectivement aussi, ce n'est pas la même course si l'on part pour un classement ou pour terminer mais ça, c'est le cas pour toutes les épreuves......
    Maintenant, vous comprenez ce que je voulais dire sur mes derniers posts avant votre départ. Il suffisait d'écouter les anciens et d'être fort dans sa tête. Ce que vous avez tous fait...Bravo.
    PS : Guy : à te lire chaque année, je me demande pourquoi tu repars tous les ans vu que cette course ne t'apporte rien....
    Fais la 333, je te promet autre chose.

    Manu d'acier-442

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  Manu d'acier-442 le Jeu 6 Mai 2010 - 17:17

    Salut Guy
    je suis persuadé que tu prends plus de plaisir ou de bonheur que tu ne le dis, sinon je ne comprends vraiment pas pourquoi tu cours (et recommence) encore dans ces conditions du MDS!!! J'ai du mal à le croire.
    Courir sans plaisir n'a pas de sens pour moi. Tous les "félés" de la course, comme je les appelle et qui n'est surtout pas péjoratif mais respectueux, que j'ai rencontrés au cours de cette semaine, dont toi, jubilaient de faire ce MDS, au delà de la souffrance pour certains. Mais je conviens parfaitement que le plaisir ne soit pas le même la première fois et la xxème fois.
    Quant à moi, savoir que je peux faire un marathon n'est pas ma proccupation, je savais que si j'en avais envie, je le pouvais, sans passer par la case MDS.
    Et je conviens aussi que le passé compte beaucoup dans la connaissance de soi sur ce type d'expérience.
    Bien à toi,
    Emmanuel

    guy

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  guy le Jeu 6 Mai 2010 - 6:35

    pour le plaisir,le mental et la connaissance de soi par les sables,ca depend bcp de votre passé
    un emmanuel qui a si peu d experience apprend qu il est coriace ,est ebloui par le desert et sait qu il peut maitenant faire un marathon
    un guy qui court depuis 30 ans n apprend presque rien sur lui car il a deja fait des tas de choses,aime le desert sans le decouvrir parce qu avant les sables ,il l a sqatté en long en large et n est pas etonné d y arriver car il a deja fait des courses plus longues
    ca veut dire "heureux sont les "simples d esprit"
    il y a plus de bonheur pour les nouveaux surtout si ils ont une courte experience que pour les anciens
    je n engage que moi
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    PhJacques

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  PhJacques le Mer 5 Mai 2010 - 21:39

    Formidable Manu, aussi beau que tes photos; d'une exacte vérité.
    Si: tête + pieds + matériel OK Alors Marathon terminé.
    Voici l'équation pour réussir cette course.
    Phil'.

    Manu d'acier-442

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  Manu d'acier-442 le Mer 5 Mai 2010 - 18:34

    Je reviens sur le forum après qq jours d'absence et je découvre tous vos textes, réflexions, vécus, sentiments, expériences, etc... je suis assez retourné de tout ca parce que on s'aperçoit que chacun de son côté suit une démarche intellectuelle, philosophique voire spirituelle personnelle qui amène finalement à des expressions proches, issues de la même expérience, le MDS que chacun a vécu à sa manière. Partage.
    En réponse à la question "c'est quoi une course difficile?", moi je ne sais pas répondre. Je n'ai pas assez d'expérience dans ce domaine, je n'ai jamais couru un marathon...un trek ou une course au delà de 21kms...alors vous imaginez la difficulté devant moi !!
    Par contre, ce que je sais, c'est que j'ai vécu cette course à ma façon, à ma vitesse, avec mes objectifs perso et la volonté farouche de terminer cette course magnifique, quoiqu'il arrive. C'était tellement une inconnue que la difficulté était presque plus grande avant la course que pendant...le grand inconnu. Et pourtant, que de souffrance, de difficultés mais tellement de plaisir!! Ne pas oublier le plaisir!! qui n'a pas pris du plaisir se lève et le dise! Vivre enfin en réel tout ce qu'on a vécu dans sa tête pendant des semaines avant de partir et pendant les entrainements. Pour moi l’objectif n’était pas de courir à tout crin, mais de faire ce qu’il fallait faire pour avancer et terminer dans la joie.
    Tout ce qui est dit ici confirme une chose pour moi: c'est la tête qu'il faut travailler d'abord dans ce genre d'épreuve, le corps suivra si les entrainements ont été bien sûr à la hauteur. La tête est tellement bien faite qu'elle sait prendre le dessus sur le corps, prendre le relais lorsque le corps ne suit plus et qu'il faut avancer: mettre un pied devant l'autre, sans se poser de question. Et je reviens sur ce que dit Guillaume. Je suis étonné aussi d’avoir aussi peu pensé. Ou l’impression d’avoir aussi peu pensé. La tête fonctionne en permanence, mais elle fait du « pilotage automatique ». Elle sait ce qu’il faut faire pour avancer, oublier les souffrances et aller chercher l’énergie nécessaire et le soutien auprès de ses proches. Et pour moi qui ai soutenu une association, je m’y suis souvent réfugié pour la chercher. On s’échappe du monde qui nous entoure, le désert, pour entrer dans son monde intérieur. Et c’est là toute la beauté de cette épreuve. Se découvrir au fond de soi. Je ne pense pas que quiconque n’ait rien appris sur soi pendant ces étapes. Et puis cela n’interdit pas de découvrir la beauté environnante même quand le désert nous prend à la gorge.
    Alors épreuve difficile ? Le MDS est une course difficile dans toutes ses composantes. Mais quelle magie, bon sang, quelle magie !! Ce qu’il en reste n’est que le bon et la tête est encore là pour archiver ce qui a été difficile à vivre. Mais elle n’oublie pas, elle a seulement archivé. Et pour ceux qui recommenceront l’année prochaine (allez Philou !), elle ressortira les archives pour mieux la préparer. Et au-delà de tout cela, je retiens que la solidarité est une des clés essentielles de réussite de cette épreuve. Quel accueil de tous ces bénévoles. Quelle ambiance entre les participants, je dirais presque frères et sœurs de MDS. Et quel sentiment de gratitude quand vous recevez un sourire, une parole d’encouragement ou tout simplement un peu d’eau chaude de son voisin (sic !), quel sentiment de plénitude quand vous avez pu apporter un soutien à un ou une amie ou tout simplement votre voisin que vous ne connaissez pas.
    Ce qui me reste du MDS n’est que du bonheur. Pas de déception, pas de frustration. Tout dépend de ce qu’on vient y chercher. Moi j’avais l’avantage d’être innocent et « vierge » de ce type d’épreuve. J’ai laissé mon angoisse dans ma valise quand je l’ai laissée au contrôle et je me suis laissé guider par ma tête et mon instinct. L’épreuve difficile c’est dans la tête qu’elle se joue, beaucoup…
    Amitié à tous!
    Emmanuel
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    fred

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  fred le Lun 3 Mai 2010 - 17:22

    une course difficile c'est........la diag ; les 100 km de millau ; les templiers ; le grand raid du ventoux ; la 333 ; l'utmb ; le mds ; un 24 h ....en fait, j'en bave à chaque fois

    guy

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  guy le Dim 2 Mai 2010 - 22:30

    Pour moi qui suis terre a terre,une course difficile
    c est
    soit une course ou on a place les barrieres
    Horaires serrees expres pour que je ne
    Passe pas
    soit une course que je n ai pas bien preparee
    soit une course ou a un moment je m asseoit
    Et je prie je ne sais qui pour qu un helico
    Descende me prendre(sans pour cela
    L excuse d une fracture:trop facile)
    soit le 16 de Garches
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    sam le breton

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  sam le breton le Dim 2 Mai 2010 - 21:45

    Enfin pour répondre à la question, la difficulté d'une course, c'est pour moi de ne pas en faire ou ne pas prévoir d'en faire une............
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    sam le breton

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  sam le breton le Dim 2 Mai 2010 - 21:36

    Après avoir lu ces beaux messages, je vais vous donner mon ressenti. Moi aussi j'étais un peu déçu de ma course alors que mon objectif était de finir, on se prend au jeu du classement, mais après coup je suis vraiment heureux de cette expérience inoubliable, heureux d'être le héros de mes amis, de ma famille, heureux de raconter sans cesse ma course,de parler de vous, de vos exploits, de vos blessures, de votre courage, de cette belle ambiance dans nos tentes. Je me souviens que pendant la semaine MDS, je me disais un soir que j'arreterais la course à pied après cette épreuve, avec 15 marathons derrière moi, le MDS devait être un aboutissement pour moi. Je me demandais quel sport j'allais pratiquer ensuite, je pensais au VTT, reprendre le tennis, je ne voulais plus de contrainte d'entrainement, faire la fête, profiter de mon temps libre,de ma famille....... 10 jours après le MDS, je reprenais la course à pied, je suis inscrits le 9 mai sur le marathon du mont st michel, et j'ai très envie d'aller faire le trail des lavoirs le 13 juin pour peu être revoir certain d'entre vous. En tout cas même si je n'interviens pas beaucoup sur le forum, je pense très souvent à vous tous à bientôt amitiés
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    PhJacques

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  PhJacques le Ven 30 Avr 2010 - 23:52

    Vous aller me faire chialer Guillaume, Agnès, Malte, j'ai du mal à rebondir là dessus si ce n'est que je me demande maintenant où tout ça pourra nous conduire ? Cette semaine j'ai pu lire ici qu'on recherchait tous une course "extrême" une préparation d'une très belle course, un galon de plus à accrocher à nos maillots; mais où tout ça nous mènera t'il ? Vers quoi courrons-nous ? L'envie pour ma part de mieux me connaitre, mais surtout je vous le dis sans intérêt pour avoir le privilège d'être auprès de gens aussi sympathiques et généreux que vous l'êtes les gars, Agnès et Ela ! J'ai découvert une mine de richesse et de valeur auprès de vous cette semaine alors que je ne connaissais que très peu Papillon ! Phil'

    guillaume-33

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  guillaume-33 le Ven 30 Avr 2010 - 19:45

    Malte, phil, agnès, et les autres, merci pour ces analyses très percutantes, c'est intéressant de prendre du recul par rapport à l'aventure que nous avons vécue.

    Je vous livre une modeste analyse philosophique très personnelle de fin de semaine :

    Pour faire taire des idées reçues, durant ce type d'épreuve, l'on ne réfléchit pas ou très peu, on oublie sa vie, ou alors l'on réfléchit à des sujets extrêmement ciblés (alimentation, douleurs, chrono, encouragements des proches, vie avec les compagnons d'infortune). Ce n'est qu' en rentrant que l'on peut penser à des sujets moins matériels et se poser la question du pourquoi et remettre cette course dans une continuité.
    En réalité ce périple nous fait entrer dans une bulle hermétique, un voyage en dehors du temps, il y a une vraie rupture temporelle, où l'on entre, sans en être conscient, dans une phase de concentration, où tout est ramené au corps, à la performance, le prisme est particulier. Notre attention est absorbée par la course et ses aspects matériels prennent une importance insoupçonnable.
    De retour à Paris, en repensant à cette expérience, j'ai eu du mal à me convaincre qu'elle n'était pas d'ordre onirique. Je me suis étonné a posteriori d'avoir à ce point peu pensé, je crois avoir rarement aussi peu pensé. Il y a une espèce de voile qui se met sur un grand nombre de sujets, se créée une amnésie très forte, la concentration sur la course est totale, il y a un vrai phénomène d'aspiration de la pensée, sans doute sommes-nous pris par un sentiment mêlé d'excitation et d'appréhension.

    Ce que je retiendrai notamment de cette expérience, c'est cette force mentale inouïe qu'autant de gens arrivent à puiser, quels que soient leur niveau, leur origine, leur âge et leur objectif. En voyant des coureurs qui mettaient le matin 10mn pour aller de la tante à la ligne de départ, et le coup de feu donné, toutes ces personnes meurtries dans leur chaire capables d'initier à nouveau un effort extrêmement intense pour une durée longue, sous une chaleur écrasante. J'ai trouvé ça Beau, l'homme (et la femme Smile ) est capable d'aller puiser des ressources insoupçonnables, et cela rassure, car si l'expression en était le sport, il y a beaucoup d'autres terrains d'expression de passion et de détermination.
    Guillaume.
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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  Agnès06 le Jeu 29 Avr 2010 - 13:00

    Disdonc Malte, tu es entré dans ma tête pendant que je dormais?
    Je vais apporter ma petite contribution à ces réflexions sur cette course.
    Je crois crois bien avoir vécu tout ce que tu raconte.
    Difficulté :
    Il y a plus de quinze ans, lorsque cette course mythique a commencé à me faire rêver, je me pensais totalement incapable de vivre une telle aventure.
    Rien que l'entraînement nécessaire pour espérer terminer cette épreuve me paraissait impossible compte tenu de mon rythme de vie (boulot, famille, activités ...).
    Et puis un jour, mon ami Guy rencontré sur les 100km de Millau m'a dit, si tu as pu faire Millau, tu peux faire Les Sables.
    Aussi, me voilà partie pour deux ans de préparation : j'ai perdu 8kg, couru des milliers de km, passé un an à préparer mon sac avec un seul crédo : "simplement terminer, ce sera déjà formidable".
    L'entrainement par lui même est une épreuve.
    Et j'ai souffert. J'ai avant tout souffert du poids du sac (12kg, c'est beaucoup trop), j'ai souffert des pieds (bien que ce ne soit rien en comparaison de ce qu'a vécu Alain qui m'a fait faire un sang d'encre).
    Chaque soir je me suis demandé : "qu'est qui les fait revenir ?" chaque jour je me suis dis : "jamais je ne dirais à un ami (un vrai) de faire cette course"
    J'ai pleuré,
    J'ai même crié
    Et j'ai terminé
    Déception :
    Je crois bien avoir fait partie de ceux que tu appelles "les déçus".
    Même si le franchissement de la ligne d'arrivée a été un véritable bonheur, il y a une petite voix dans ma tête qui me disait :
    et si ....
    et si le sac avait été moins lourd,
    et si j'avais mieux géré "la longue"
    et si, et si et si..
    Il faut dire que quelque soit l'état d'esprit dans lequel nous sommes partis, le MDS reste avant tout une course.
    C'est à dire qu'il y a un classement et que même si on n'osait l'avouer à personne, chacun avait espéré son classement (moins de 100, moins de 500, 1ère moitié etc....). Et ce P..... de classement est affiché dans chaque hôtel de Ouarzazate, autant dire à chaque coin de rue.
    mais tu a oublié la dernière étape, en tout cas la mienne.
    Le retour en France, après quelques nuits de repos bien mérité et plusieurs soirées amicales à raconter nos exploits sic'. la déception s'est envolée comme un fétu de paille et aujourd'hui ne reste plus que deux choses :
    Le Bonheur et L'envie d'y retourner
    Car je sais maintenant pourquoi on y retourne :
    -1 Surmonter la difficulté
    -2 Revenir à l'essentiel (manger, dormir, courir)
    -3 le BIVOUAC (un endroit à part dans le temps et l'espace)
    Il faut avouer que nous avons été des privilégiés, car nous avons eu des partenaires de tente particulièrement formidables et des voisins tout aussi géniaux.
    Pour conclure, je pense qu'il existe aujourd'hui beaucoup moins de déçus (voir peut être plus du tout) .
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    PhJacques

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  PhJacques le Jeu 29 Avr 2010 - 12:21

    Pas très drole, tu rigoles ? Je découvre UN GRAND HOMME ERIC ! Eric, je dois envoyer mon chêque pour Le Trail des Hospitaliers à quel ordre dois je le mettre ? J'irai comme promis sur le trail de 27 bornes le samedi, car le dimanche je serai parmi les coupeurs de citron ou à la circulation comme bon te plaira ! ! ! Et on aura cette joie ou ce privilège de soufrir tous les 2 l'année prochaine. Phil'
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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  papillon le Jeu 29 Avr 2010 - 11:32

    Salut les amis , juste une petite contribution à votre discussion. Je peux parler de ceux qui ont souffert car je pense avoir donné en 2008 mais n'oublions pas que nous sommes sans aucun doute des priviligiés, des chanceux. Nous acceptons de souffrir ou pas d'ailleurs dans un cadre bien particulier: du loisir!! Personnellement je me considère comme un rigolo par rapport à ceux auxquels la souffrance est imposé au quotidien: malade, travailleurs, accidenté de la vie ,etc.....
    Bien sur que les petits bobos, puis les blessures à répétitions m'empêchent de concrétiser mon désir de performance mais....... ça reste du loisir.
    Je suis pas très drole ce matin , à bientôt
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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  Malte le Jeu 29 Avr 2010 - 11:20

    Merci !!

    Non, c'est pas difficile à écrire, parce que moi je n'ai pas du tout été déçu de ma course, bien au contraire ! Je voulais juste rendre hommage ceux pour qui c'était le cas ... et avertir ceux qui aimeraient se lancer dans l'aventure MDS que cette possibilité existe bel et bien. Et puis, je ne voulais pas oublier que c'était dur aussi ... même si ça se passe très bien.

    PhJacques a écrit:J'ai aimé lorsque tu m'as dit un jour, "si t'es sûr mentalement de faire les 80,00Km, alors fatigué pour fatigué puisque tu le seras au 60ème Kilo, alors arrache toi dès le début, pars en courant, de toute façon tu seras crevé au 60ème Kilo.

    Phil, ça ne peut pas être moi qui t'a dit ça, ou alors on s'est pas compris. On discutera stratégie de course. Mais la stratégie "Sur la longue défonce-toi dès le début" est vraiment à déconseiller !

    Par contre, "le classement se joue sur la longue", et donc il faut la soigner si on tient à son classement, çà c'est sûr !
    Malte
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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  Foued le Mer 28 Avr 2010 - 22:53

    Merci Malte pour ce post introspectif qui n'a pas dû être facile à écrire...
    De tous temps les gens chinent..c'est comme cela que certains ou certaines finissent pas s'arrêter...
    Foued
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    PhJacques

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  PhJacques le Mer 28 Avr 2010 - 22:40

    J'ai adoré te lire Malte, tu as approché la vérité, c'est exactement ce que j'ai ressenti en ce qui me concerne, je suis rentré frustré, mais pas déçu. Aussi tu vois, j'ai décidé d'y retourner, mais cette fois je vais me rentrer dedans, voir pour faire une moyenne avec ma place de cette année 700/ 1080) . Je vais aussi fignoler mon entrainement en qualité comme me l'a rappelé Fabien dans son post de ce matin. Je vais faire du dénivelé dans un joli parc près de chez moi, le samedi, en plus de la sortie longue du diamnche avec les pôtes. Et l'année prochaine je me rentrerai dans les côtes. J'ai pû voir là bas l'expérience d'Agnèse ou de Ela, elles avaient eu une meilleure préparation que moi et ont pû rentrer dans le sujet. Mais comment faire Malte quand tu abordes des Djebel à franchir. J'aime la montée, mais la descente je n'affectionne pas trop. Je ne me souviens plus si tu as abordé aussi une chose qui est la santé du moment. Est ce que tu te souviens des pieds de Alain. Il n'avait jamais eu autant de souffrance. Lorsque je dis que je vais me rentrer dedans, j'espère simplment que l'année prochaine j'aurai des pieds tout aussi résistants qu'ils l'ont été cette année. Et toi Laurent, qui a souffert autant toi aussi des pieds. . . Comme le dit le proverbe, on ne peut critiquer si l'on n'a pas essayé, aussi vais je devoir y reourner. Mais je ne crois pas que ce soit difficile pour qui veut terminer, il faut une bonne dose de chance quand même, des pieds qui tiennent, un bon moral sur le moment, un bon matériel (bouffe) et ça passe. Comme le dit Guy, pour faire "Les Sables" 50,00Km par semaine d'entrainement, supporter la chaleur, un bon mental, et tu le finis à coup sûr. Mais le finir classer, c'est une autre chose. Il faudrait que tu nous reparles Malte des stratégies de course dont on a souvent parlé sous la tente. "La Longue" à quoi ça sert de partir doucement, comme si on avait peur de la distance. J'ai aimé lorsque tu m'as dit un jour, "si t'es sûr mentalement de faire les 80,00Km, alors fatigué pour fatigué puisque tu le seras au 60ème Kilo, alors arrache toi dès le début, pars en courant, de toute façon tu seras crevé au 60ème Kilo. En conclusion, pour l'avoir finie et vécue en dedans (mais j'avais promis à ma femme de finir et de revenir) je n'ai pas trouvé cette course difficile. Je souhaitais simplement la finir. Comme on me l'a appris il y a 4 ans lorsque je me suis mis à courir (je fumais jusque là) il faut finir une course ou son premier Marathon avec l'envie d'en refaire un le gout et e désir d'en refaire un, vite tout de suite derrière. C'est pour ça que je surveille tous les jours l'ouverture des inscriptions pour le 26 Sultan Marathon des SABLES. Mais que dire de Guillaume qui s'est déchiré la périsostite du mollet qui a martyrisé son corps, qui n'aurait pû de par son caratère faire une course prudente en dedans comme moi, il est venu droit au but pour se rentrer dedans, là je crois que ce doit être une course difficile, même Ela qui courait souvent doit dire que c'est une course difficile. Je vous dirai les amis l'année prochaine si c'est une course difficile. En tout cas merci Malte pour ton post phylosophique. Phil'
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    bruno08

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  bruno08 le Mer 28 Avr 2010 - 18:27

    Je dirais juste 2 mots Malte: MES RESPECTS...
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    C'est quoi, une "course difficile" ?

    Message  Malte le Mer 28 Avr 2010 - 12:48

    Le sujet retour d'expérience m'a fait réfléchir ... je ferai un jour quand j'aurai le temps un vrai CR de ma course, je voulais juste revenir sur un petit point qui me semble très important. Je pense notamment à tout ces lecteurs qui viennent ici chiner des infos sans s'inscrire, et qui partent aux Sables pour la première fois (d'ailleurs je leur dis : inscrivez-vous et posez vos questions, on ne mord pas).

    Donc pour ceux qui n'étaient pas avec nous cette année, je dois dire en introduction que la course s'est super bien passée pour moi, en fait elle n'aurait pas pu mieux se passer ! Donc, je n'écris pas ceci en tant que "rescapé ou blessé des Sables".

    Quand je préparais le MDS, évidemment que j'ai lu partout que la course était difficile. Puis rien que les chiffres et les conditions sont intimidants. Les périples et récits d'anciens, les difficultés, tout ceci est pris en compte quand on se construit son image mentale de ce qui nous attendra une fois qu'on y est. D'ailleurs, ma parade mentale était simple : "Si ça devient dur, c'est pas grave. Tu ralentis, et t'avances."

    A tout ceux qui me demandaient comment j'allais pouvoir faire cette course je disais : "tout ce qu'on peut me souhaiter c'est que j'arrive au bout, que j'arrive à finir, que je n'abandonne pas". Je me disais que tant que c'est juste très difficile c'est pas grave, tout va bien. Mais si je dois abandonner, là je rentrerai dégoûté !


    En réalité c'est un peu plus compliqué que cela. Et je dois dire ça alors que tout s'est passé à merveille pour moi !


    DIFFICULTE
    C'est une course difficile. C'est quoi, difficile ?

    C'est évidemment différent pour tout le monde, et les valeurs d'appréciation son multiples : physiques (jambes, pieds, chaleur, blessures, gastriques, ...) et mentales (pourquoi je fais ça, j'y arriverai pas, je suis pas à la hauteur ...) et de l'ordre de "l'environnemental" (sommeil, récupération, nourriture, manque d'hygiène et de confort, etc ...).

    Avec Guillaume (je crois que c'était au retour au bivouac après la 5ème étape) nous avons trouvé une assez bonne définition, qui a le mérite d'être synthétique bien qu'elle soit personnelle : Nous nous sommes rendus compte qu'en fait, à aucun de nos proches, de ceux qu'on aime et à qui on tient on ne souhaiterais de vivre ça. Que l'on n'inviterait pas de notre propre chef l'un de nos proches, de lui dire "allez, viens avec moi l'année prochaine, tu vas adorer".

    C'était une prise de conscience assez violente. Car tout de suite on transfère ça sur nous même et on se dit "pourtant, moi je suis là".

    Mais la mémoire est sélective (surtout baignée dans un bain d'adrénaline et d'endomorphines ) Deux heures plus tard, on avait déjà presque oublié ce moment, et on en était à discuter de la course, de nous raconter notre journée avec les autres ... et on n'avait déjà plus que gardé le meilleur. La mémoire de la douleur était passée au deuxième plan.

    Heureusement me dira-t-on, et ça doit faire partie de nos stratégies de survie, car il faut recommencer le lendemain. Mais cette mémoire est très précieuse pour moi, je veux me souvenir qu'à un moment (alors que tout s'est bien passé pour moi !) je me suis dit "tu ne souhaiterais ça à personne à qui tu tiens."

    C'est ça, une course difficile.


    DECEPTION
    Il y a un autre facteur que j'ai eu la chance de ne pas rencontrer personnellement mais que j'ai vu chez nombre de mes amis de tente et de bivouac.
    On se prépare à une course difficile, OK. On se dit que tant qu'on n’abandonne pas, c'est réussi.

    Là aussi , c'est un peu plus compliqué.


    Combien j'en ai vu des coureurs incapables de courir ? Pieds en sang, jambes blessées, sac trop lourd, trop chaud trop dur trop haut trop de pierres, trop trop trop ...

    Que dire de nos amis incapables d'aller chercher leur eau le matin parce que leurs pieds ne les portent plus et puis qui une demie heure plus tard sont quand même sur la ligne de départ pour faire 40 kilomètres, à la marche, pendant des heures, sur deux "steaks hachés" ? Et qui se sont pourtant préparés à courir ? Ils sont déçus de leur expérience. Ils l'ont terminés, mais la déception du comment est forte.

    Il y a donc trois éventualités pour une course comme le MDS :



    • Tout va bien, c'est très difficile mais ça va
    • C'est difficile, on abandonne ou on est forcé d'abandonner
    • C'est difficile, on y arrive mais on rentre déçu


    Je dois dire que je ne m'étais pas du tout rendu compte de cette possibilité avant de partir aux Sables (et encore, je ne l'ai pas vécu : mais je l'ai vu chez d'autres).
    Cette option est d'autant plus dure qu'on ne s’y attend pas, que pour certains c'est la course de leur vie, qu'on a payé très cher, en argent, en temps, en vie privée, en sacrifices en tout genre pour être sur la ligne de départ. Que donc, on abandonne pas tant qu’on arrive à mettre un pied devant l’autre, mais que c'est tellement dur ou tellement loin de ce qu’on espérait que … l’on rentre déçu.
    Et peut-être bien plus déçu que si l’on avait eu un moment difficile / un résultat moyen / voir un abandon sur une course différente bien que monumentale également (UTMB, etc) ou finalement on peut se dire « bon, c’est dommage mais pas grave ».



    J’aurais aimé (en tout cas certains avec qui j’en ai parlé et qui ont souffert beaucoup auraient aimé) savoir à l’avance que cette option existait, et de s’y préparer. Moralement. Car c’est dans la tête que c’est le plus dur.

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    Re: C'est quoi, une "course difficile" ?

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