Ultra Runners

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    MDS 2012 le compte rendu by Frank

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    Frank

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    MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  Frank le Jeu 19 Avr 2012 - 21:02

    Le Compte Rendu.

    Je vous rassure de suite, à la différence de l’année dernière, il ne sera pas nécessaire de prendre une semaine de vacances pour lire mon compte rendu du Marathon des Sables 2012.

    Partie1

    Comme d’hab, tout commence à l’Ibis d’Orly le jeudi soir ou je rencontre quelques concurrents dont Jalel Somrani (une connaissance de mon pote Nicou qu'il a rencontré au marathon des Oasis en Tunisie). J’ai RVD à 5h30 à l’aéroport pour un vol à 7h30. Après 3h30 de vol sans histoire, premier signe positif, je fais la queue au contrôle passeport, lorsque un employé s’installe dans la guérite voisine. Je me précipite et je passe ainsi le contrôle immédiatement (après bien sur le coup de tampon et le regard habituel et suspicieux…). Ca continue tout bien car ma valise est déjà là, me voilà quasiment le premier à sortir de l’aéroport. Je m’installe à l’ombre devant la soute du premier bus de la file. Comme j’ai la mission de réserver la tente cela ne pouvait pas mieux se passer. Départ du bus N°13 (on est vendredi, encore un signe…) ou se trouve Caroline, une « contrôleuse » de l’organisation, rencontrée l’année dernière. Ces « retrouvailles » me confortent dans le sentiment, déjà ressenti depuis la veille à l’hôtel, d’être une sorte d’habitué, un de ceux qui connaît le fonctionnement et le déroulement des opérations d’avant course.

    Dès la sortie de Ouarzazate on nous distribue le road book et une bouteille d’eau (la 1èred’une longue série). Le départ de la course se fera dans les environs de Tazzarine et l’arrivée à la fin de 9 km dans les dunes de Merzouga. Un peu le parcours à l’envers de l’année dernière. 4 heures de route, une prise d’assaut du camion bétaillère, au nez et à la barbe d’Anglais qui attendaient patiemment leur tour, je pose mon sac et ma valise sous la tente 12. C’était celle que je visais (because 2012 Wink ). Reste à tenir le siège jusqu’ à l’arrivée de mes compagnons. Opération difficile que je gère au mieux, tandis que mon voisin Karim Mosta, profitant de sa notoriété (24 MDS au compteur) assure avec autorité, sa tente habituelle, la 13 ! 2H00 après et m’étant aliéné la moitié des concurrents français Foued, Gloria et Amandine déboule. A 4 ça sera plus simple de tenir le camp. Pas de nouvelles de Pascale et de son copain ni des 2 Suisses qui doivent complèter notre tente. Au bout d’un long moment, on décide d’inviter à nous rejoindre les 2 garçons rencontrés par Amandine dans l’avion : Geoffroy et José. On sera 6, c’est bien, ça nous fera plus d’’espace et puis voilà, c’est comme ça ! On finira par apprendre que les Suisses ont du rester en territoire Suisse et nous n’aurons aucune nouvelle de Pascale…

    Première queue (on fait beaucoup la queue dans un MDS) pour la cantine de l’organisation, j’ai choisi cette année de profiter de tous les repas proposés afin de limiter l’utilisation des lyophilisés, ce qui n’empêche pas de faire attention à ce qu’on mange. Installation pour la nuit et début du processus quotidien, petite toilette, tenue de nuit, gonflage matelas, somnifère, on rentre dans son duvet, on éteint la frontale et Foued ronfle !!! L’avantage avec Foued, c’est qu’il ne lui faut que 5 mn pour se mettre en action et dès le début il est au top du volume et de la cadence. Aucun espoir sur une baisse de régime ou d’un épuisement éventuel. Sa réputation n’est pas usurpée et il n’y a pas que dans les conseils en tant que spécialistes du MDS qu’il est un champion hors pair. Le comble c’est le matin, quand il vous dit qu’il n’a quasiment pas dormi ! Cela voudrait dire qu’il arrive à produire ce niveau de ronflement tout en restant éveillé ! Vraiment exceptionnel.

    A suivre

    Frank
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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  chtiquicourt le Jeu 19 Avr 2012 - 22:40

    Frank, les traditions se perdent !!! affraid

    Et l'apéritif d'arrivée au bivouac Question Question Question Question Question

    Juste une remarque : lol! : tu écris "on éteint la frontale et Foued ronfle !!! " : pourquoi tu ne l'as pas laissé allumée ? ( peut-être la réponse dans un autre chapitre ? study )

    La suite, la suite, la suite ... bounce

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  guy le Jeu 19 Avr 2012 - 23:48

    Je profite de l absence de Foued ^pour confirmer;Foued ronfle même reveillé pour s entrainer .

    Il affaiblit ainsi ses concurents et gagne lentement et surement des places.

    Un mois de plus et les premiers sont sur les genoux et Foued sur le podium a ronfler toujours..........
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    Frank

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  Frank le Ven 20 Avr 2012 - 0:24

    chtiquicourt a écrit:Frank, les traditions se perdent !!! affraid

    Et l'apéritif d'arrivée au bivouac Question Question Question Question Question

    Juste une remarque : lol! : tu écris "on éteint la frontale et Foued ronfle !!! " : pourquoi tu ne l'as pas laissé allumée ? ( peut-être la réponse dans un autre chapitre ? study )

    La suite, la suite, la suite ... bounce

    Patrick Cool

    Ouahou Patrick, tu penses bien que j'ai essayé, lui mettre la lumière en pleine figure, la bourrade vicieuse dans les côtes, voir même le planté de batons discret. Rien n'arrête un Foued lancé sur une telle dynamique...
    Quand à l'apéro d'arrivée, vu comme ça c'est goupillé, bah on n'était plus trop dans le truc Wink . En fait on s'est surtout chambré avec nos voisins, les champions "people" de la tente 13, mais comme on se le rappelait mutuellement chaque jour: "un bon voisin est un voisin qui reste chez lui"lol!
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    Frank

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  Frank le Sam 21 Avr 2012 - 15:36

    Le Compte Rendu.



    Partie 2


    6H00 Le bivouac s’éveille, j’ai dormi, peu, mais j’ai dormi ! J’enfile ma tenue bivouac gardant la panoplie de coureur pour le grand jour, demain. Queue au petit dej et requeue pour les contrôles techniques. Ca va, c’est cool, je sais que malgré les mises en garde répétées, il n’y a aucun contrôle et puis je suis parfaitement en règle au niveau matériel comme alimentation. J’ai décidé en dernière minute de prendre les bâtons et ma seule préoccupation est de leur trouver le bon emplacement sur le sac. Dossards, transpondeur, carte de poinçonnage CP et eau, passage chez les docs tout se passe normalement, j’en profite pour tailler la causette avec un contrôleur à la sortie. C’est clair que je suis beaucoup plus détendu que l’année précédente.


    Après que mes 5 camarades soient passés au contrôle on se retape la queue pour aller déjeuner et prendre un petit thé à la caravane Sultan. Sieste, papotage, échanges tactico techniques sur la stratégie de course (genre je fonce et après je gère ou je gère tout le long) vont rythmer l’après midi jusqu’au briefing de Patrick Bauer(PB) On aide José à diviser par 2 le poids de son sac en lui expliquant qu’il s’agit d’une course où l’on porte son sac et non pas d’une randonnée culinaire avec porteur intégré. Geoffroy comprend avec inquiétude que transporter toute son alimentation dans les emballages d’origine prend beaucoup de poids et de place et commence sa quête effrénée de sachets zip locks. On discute le bout de gras avec les voisins tout n oubliant pas qu’ »un bon voisin est un voisin qui reste chez lui » selon la bonne maxime? chère à Karim Mosta J. Principe que ne doive pas connaître certaine concurrente désoeuvrée prête à vous infliger leur monologue égocentrique. Mais que voulez vous le MDS n’attire pas que des gens parfaits. Durant le speech de PB, je n’écoute pas vraiment et m’amuse à faire des photos. C’est l’occasion de voir des visages connus et inconnus et de commencer à comprendre au vu des photographes et caméras qui se postent devant elle que ma tente possède une véritable star en la personne de Gloria. Puis assez classiquement en fin de journée, la nuit tombe! C ’est le moment d’aller faire la queue pour un dernier vrai repas (de pâtes), s'en suit le rituel du soir et le « Bienvenue sous la tente 12 » versus Foued…


    C’est le grand jour, ce matin on met la tenue de lumière (enfin moi je suis tout en noir ce qui n’est pas forcément le plus malin dans un pays de soleil et de chaleur…). Tout est OK. Drapeau UFO et Salsa en place sur le sac, le dossard bien visible (aucun sponsor d’AOI caché). J’ai mangé mon gatosport et à compter de maintenant je n’ingurgite que du lyo, de la poudre énergétique, mes Mulebar et mes petits plaisirs salés. Je retrouve Gloria (toujours très bien placée près d’un objectif ou d’un micro) pour la photo du chiffre 27 constituée par l’ensemble des concurrents. Direction la ligne de départ. Cette année j’ai décidé de me mettre en 2ème ligne juste derrière les champions. Comme ça, pour le fun et pour faire 10/20m à leur niveau. Je me sens un peu décalé au milieu de ces illustres coureurs, les Mohamad, Salameh, Marco, Christophe et autres, mais bon ils ont 2 jambes comme moi, le même sac (beaucoup plus léger apparemment) et la même tenue. Speech de PB. Je suis bien zen, heureux d’être là, il fait beau, pas trop chaud, je vais courir 33.8 Km dans un décor que j’adore. La sono est tendance « Afrique », je fais quelques mouvements de décontraction en rythme. Puis c’est « Highway to Hell », 5/4/3/2/1, c’est parti !


    Direct après les 50 premiers mètres, que je fais dans la foulée des premiers, je me décale d’environ 10m à gauche en parallèle à l’axe de la piste. C’est ce que j’ai choisi comme stratégie (suite à l’expérience de l’année dernière) pour plusieurs raisons. D’abord de nature je suis plutôt un coureur solitaire et j’avoue ne pas être du style à papoter durant des heures avec un partenaire de course (sauf si c'est Guy, parce que c'est Guy Wink . Ensuite cela me permet de courir et de marcher à mon propre rythme sans me laisser entraîner par un concurrent plus rapide ou à l’inverse être en sous régime. D’autre part, je trouve un terrain plus ou moins vierge de pas donc beaucoup plus « dur » notamment quand c’est sablonneux. J’aime aussi cette impression de faire ma propre trace, de choisir mon cap et faire ce travail d’orientation (pas toujours bénéfique). C’est aussi l’impression (avec des efforts) de ne plus être dans une course avec 850 concurrents, de retrouver un petit peu de la magie du désert et de ces paysages magnifiques. Enfin et surtout, personne ne me double et psychologiquement c’est très important même si je ne double pas non plus…Je vais garder cette méthode durant toute la semaine. Je n’ai aucun regret car elle m’aura permis de vivre de grands moments. Bien entendu, sur certains passages (montée et descentes de djebels, passage d’oueds, arrivées et départs de CP, etc.), je rejoins la piste principale et le peloton.


    J’ai regardé le Road Book (nouveau pour moi, ça), je pense pouvoir courir quasiment jusqu’au 1er CP ou je prendrais mes bâtons pour la suite de l’étape. 1h54 et 14 km après, premier poinçon sur la carte, première Sidi Ali de la course. Gloria est là et donne une interview ! Comme toutes les stars, elle commence son travail de public relation dès le début. Je récupère mes bâtons sur le sac et j’enfile les poignées. Remplissage des bidons (la moitie avec 30g d’Effinov/la moitie eau pure) et le rab en micro douche (quand on aura 2 bouteilles, j’en consacrerais quasiment 1 pour la « douche »). Je ne m’attarde pas et je prends ma Mulebar, mon sel, ma sporténine tout en marchant en direction du CP2. Je me rends compte immédiatement de l’apport des bâtons. Que je cours, que je marche c’est une véritable aide. Le travail d’appui soulage les cuisses et permet une propulsion supérieure. Dans la montée du djebel (+ de 15%) au Km 16, c’est encore plus évident et me permet de conserver mon rythme et de ne pas me faire distancer. Dans la descente, surtout quand c’est un peu technique, j’ai quatre jambes, donc un bien meilleur équilibre et la possibilité de garder de la vitesse. J’arrive au CP2 (Km 25) en 1h53. Je suis bien et le couple bâtons/chaussures me semble un bon choix. Après avoir traversé la vallée caillouteuse, j’attaque d’un bon pas la montée en sable du djebel. Ouaouh ! C’est raide, il fait chaud et c’est du sable mou ! Redescente et 3,3 Km de vallée avant l’arrivée que je franchis en 5h24’. Je suis pas mal éprouvé et il me faut du temps pour retrouver une fréquence cardiaque normale. Du CP2 à l’arrivée, j’ai un peu tapé dans la machine. Un petit thé, coucou à la webcam, je récupère les 3 bouteilles et direction la tente 12 ou se trouve Geoffroy, Amandine et Gloria qui est arrivée quasiment en même temps que moi.


    Je m’installe et petit à petit je me déshabille et revêt ma tenue bivouac. Allongé sur mon matelas, les pieds en l’air sur le sac, je sirote ma boisson de récup qui ressemble à un soda à l’orange (Amino d’Effinov+Vee) tout en grignotant des noix de cajou et des minis saucissons. Elle est pas belle la vie ! On refait l'étape, puis j’enlève les chaussettes et là je constate les dégâts ! Depuis le CP1, je ressentais un échauffement sur chaque pied et bingo j’ai une belle ampoule (2 épaisseurs de doigt) bien symétrique sur le côté à l’avant de chaque pied et une chtiote sur un orteil. Déjà je ne ferais pas mieux que l’année dernière sur ce plan là (1 ampoule sur l’arrière du pied sur tout le MDS). Je me soigne (perçage, éosine) on va laisser sécher jusqu’ à demain. Entre temps Foued est arrivé, puis José blessé assez gravement semble t’il et qui part direct chez les docs. Déjà la veille, il ne semblait pas très confiant, visiblement pas à l’aise, arrivé ici un peu hors sujet et surpris par le contexte. La queue pour les mails, puis arrive l’heure de faire du feu avec le bois ramené par notre GI Joe (Geoffroy). On chauffe l’eau des gamelles, chacun découpe son fond de bouteille, y verse un succulent lyophilisé (aujourd’hui c’est bœuf bourguignon au menu !) Le facteur passe et c’est ce moment si agréable de la lecture des mails d’encouragements. Il est 20h00, l’heure du journal TV et pour nous l’heure de se coucher. Bonne nuit Foued…

    version avec les photos:http://dossard201.mds2011.over-blog.com/article-chronique-sableuse-16-le-compte-rendu-partie-2-103763379.html

    A suivre. Partie 3 : les étapes 2,3 et la "Longue"

    Frank/Dossard 201


    Dernière édition par Frank le Sam 21 Avr 2012 - 18:28, édité 1 fois
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    leptitmichel

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  leptitmichel le Sam 21 Avr 2012 - 18:25

    Allez, je stocke et je lirai tout en une seule fois... ;-)

    guy

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  guy le Lun 23 Avr 2012 - 14:34

    Frank!te fache pas mais j'aime bcp mieux tes comptes rendu de cette année.

    Ils sont moins techniques et plus "vecus"
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    Frank

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  Frank le Lun 23 Avr 2012 - 21:10

    guy a écrit:Frank!te fache pas mais j'aime bcp mieux tes comptes rendu de cette année.

    Ils sont moins techniques et plus "vecus"

    Non seulement je me fache pas, mais au contraire ta remarque me fait plaisir Very Happy . L'année dernière c'était un peu de l'écorché vif. Cette année entre l'ambiance dans la tente et la volonté de me faire plaisir sur la course cela m'a donné une sérénité qui doit transpirer dans le CR.
    Et puis comme dans le résultat de la course , j'ai du m'améliorer avec l'entrainement Wink
    Voilà la suite:

    Le Compte Rendu partie 3



    Lundi Etape 2

    Aujourd'hui 3 CP et 38,5 Km. Après le petit dej, je pose de l'élasto sur mes 2 ampoules. Je commet là une erreur, ne pas mettre de compresse, qui va avoir de lourdes conséquences. Je décide de garder dans ma pochette ventrale la page (version plan) de l'étape pour visualiser la nature du terrain à venir et les éventuelles options d'orientation. Ceci étant, au vu d'hier, je démarre avec mes bâtons et l'idée est de les conserver durant toute l'étape.

    Rituel du départ, puis comme la veille je trouve mon rythme de course en décalage avec le groupe. J'arrive à courir quasiment jusqu'au CP1. Mes ampoules me font souffrir, mais cela reste tout à fait gérable. je suis plus ennuyé par une douleur dans le bas du dos, genre frottement, pourtant mon sac ne touche pas cet endroit... Sur cette 2 ème étape j'ai choisi de ne jamais aller au delà de mon rythme. Hier j'ai fini l'étape éprouvé, donc aujourd'hui je gère afin de ne pas taper dans les réserves avant l'étape longue. Arrivé au CP2, je montre mon dos au contrôleur qui me signale que je suis irrité dans le dos. Aussi dès la récupération de ma bouteille je vais dans la tente des docs ou tout en mangeant ma barre, une sympathique "doc" me passe une crème et pose un strap. De suite je ressens un soulagement et je repas remonté à bloc! Longue traversée du lac Ma'der El Kebir ou le soleil tape fort. Il fait très chaud (38,7°). je marche grâce à l'aide de mes bâtons je maintiens mon rythme. CP3,dernier tronçon avec beaucoup de passages sablonneux et des petites dunes. Je m'amuse bien à chercher du terrain stable et je suis vraiment content de la portance des Hoka. Je franchis la ligne d'arrivée en 6h21, beaucoup plus frais que la veille et j'ai pris beaucoup de plaisir notamment dans les parties sableuses. Coucou à la webcam, thé à la mente, les bouteilles d'eau et je rejoins la tente 12. Après le rituel de la récup, je passe à la phase soins des pieds. Première épreuve douloureuse quand j'enlève l'élasto. Je montre l'étendue des dégâts à Gloria qui me conseille d'aller voir les docs car ce n'est pas joli joli...

    J'enfile mes tongs et ma veste et direction la "clinique". Après 1h00 d'attente dans la tempête (le vent présent toute la journée s'est déchainé en fin de journée) ou j'en profite pour me laver les pieds et les mains à la bétadine, ce que font d'ailleurs nombre de coureurs de passage, c'est mon tour. Immédiatement le doc me traite d'inconscient quand il voit que mes 2 ampoules qui sont devenues 2 plaies sont couvertes d'élasto (l'erreur de ne pas avoir mis de compresse pour protéger) et de sable (du au trajet depuis ma tente). Il m'informe que ça ne va pas être ma fête pour nettoyer tout ça. Effectivement durant un bon 1/4 heure, je vais souffrir comme jamais de ma vie. Du genre 15 sur une échelle de 10. Je hurle dans la tente et je mords jusqu’à faire 2 trous dans mon buff. Je m'accroche au piquet de la tente pour ne pas tomber de la table d'opération. J'ai un peu peur de faire un malaise. Au bout d'une éternité de douleurs abominables, c'est soigné et je repas vers ma tente. Il fait nuit, je suis dans un état de fébrilité dingue. Moi qui avait géré pour la course là je viens de découvrir un état de douleur que je n'imaginais pas. Décidément le MDS est vraiment une épreuve qui vous fait découvrir des choses insoupçonnables. Je ne pensais pas que ça serait sous la tente des docs... Mes fidèles amis de la tente m'ont gardé de l'eau chaude et après mon lyo du jour, j'essaye de retrouver calme et sérénité dans mon duvet. Je prends mon Ipod et je m'endors avec la musique...

    Mardi Etape 3

    Aujourd'hui 2 CP et 35 Km. J'ai récupéré de mon passage chez les docs et de l'étape. Quelle étape? Ah oui, les 38 bornes dans le sable et les cailloux hier. Oui! Oui! Pas de problème, je ne m'en souviens même plus... Par contre le nettoyage de mes 2 ampoules ça j'ai pas oublié. Ceci étant, je remets mes chaussures et Yallah!! Au menu du jour un long passage de dunes après le CP1 et sinon comme d'hab , tout droit sur la caillasse. il y a beaucoup de vent, mais il est plutôt dans le dos. CP1 passé j'attaque la montée du Zireg, un petit coup d'oeil au panorama et c'est le descente dans des parties sablonneuses. Je m'éclate , j'ai la pêche et je prends beaucoup de plaisir à être là. J'en profite pour mettre la musique pour profiter encore plus du plaisir de courir dans ces endroits magnifiques. Arrivé au CP2, je coupe la musique pour garder de la batterie pour demain. La fin de l'étape est plus monotone et je soupçonne même l'organisation de vice quand on passe à côté d'une auberge. Il ne manque plus que le menu en bord de piste pour nous ruiner le moral. Cette fin d'étape est presque "urbaine" , on rencontre pas mal de gamins à la recherche de gâteaux. J'arrive en 5h28'. Toujours dans une moyenne supérieure à 6Km/h et dans les 350 au classement. C'est nickel surtout que jamais je ne suis en sur régime. Je me sens de mieux en mieux dans la course. Retour au bivouac et dans la tente, c'est un grand plaisir de retrouver mes camarades et de récupérer en leur compagnie avec mon eau gazeuse, les noix de cajou et la viande séchée. Le doc m'a dit de revenir jeudi pour refaire mes pansements, donc je suis bien tranquille ce soir. La douleur en course et tout à fait supportable. Belle journée avec beaucoup de plaisir sur l'étape, content de mon résultat et de me sentir en pleine forme. C'est l'idéal avant l'étape de demain.

    Mercredi Étape 4

    Au réveil toujours beaucoup de vent et donc du sable partout...Après le rituel du matin j'étudie le Road Book. Cette étape longue de 81,5 Km s'annonce plutôt technique avec l'ascension du Djebel El Otfal (avec des passages à 17%) et une descente, dans le sable, de 20% avec corde de rappel pour nous faciliter la descente, ceci avant le CP1. De longues traversées de plateaux caillouteux et sablonneux jusqu'au CP3. Puis du CP 3 au CP5 de grandes zones de sables avec des dunes à traverser. Enfin du CP5 à l'arrivée, c'est un mélange sablonneux /caillouteux agrémenté de petites dunettes à franchir. Ma "stratégie" à la base c'est de courir jusqu'à l'ascension du djebel, puis trottiner dès que possible jusqu'au CP3 en gérant le fait que je vais avoir un "trou" mental avant le CP3. D'expérience, je me souviens qu'à cette heure en règle générale, on franchit la ligne d'arrivée, sur la "longue" il faut se conditionner au fait que l'on n'est même pas à mi course. Pour moi l'année dernière ce fut le seul moment ou vraiment je me suis demandé ce que je foutais là avant de trouver Laurent qui m'avait remis dans la course... Au vu Road book je pense que tout va se jouer entre le CP3 et CP5.

    Ambiance différente sur la ligne de départ aujourd'hui dans la mesure ou les 50 premiers ne sont pas là. Ils partent 3h00 après. Les concurrents qui m'entourent ne sont pas les mêmes que les jours précédents. Le peloton s'étire donc moins vite après le départ. Arrivé au pied du djebel je retrouve Amandine, cela me conforte dans le sentiment que j'ai bien progressé jusque là. Dure ascension que je parviens à faire sans me faire doubler grâce à l'aide de mes bâtons. Descente dans le sable profond plus ou moins ludique (mes ampoules me font plus souffrir dans les descentes) et c'est le CP1. J'alterne petit trot et marche selon le terrain durant les 11,6Km qui me sépare du CP2. J'essaye de mettre en mode "débranché" ou l'idée est de ne pas réfléchir mais d'avancer au plus vite. Je regarde 3m devant moi pour voir ou poser les pieds en essayant de trouver la trace la moins usante. CP2, j'essaye de ne pas trainer, mon 1er objectif aujourd'hui c'est le CP3 ou je ferais une première pause et le point de la situation. C'est long et monotone, je commence à douter de l'intérêt de ce type de course. Je me pose des questions sur mes motivations sur les ultra. Est ce que je suis finalement fait pour ces courses longues distances et longues durées. Je ne veux pas utiliser la musique car j'ai peur de manquer de batterie pour la suite. Les bâtons me permettent de garder un certain rythme, le passage des leaders me distrait et j'encourage Rachid, Salameh et les autres au fur et à mesure qu'ils me dépassent. Je finis par arriver au CP3 quasiment en même temps que Laurence Klein qui traine littéralement Damien Verdiet. On sourit au CP en se disant que ce n'est pas drôle tous les jours d'être le compagnon d'une championne....:-) Bon ça c'est fait et le fait d'être là en même temps que la 1ère féminine me réconforte (l'année dernière, elle m'avait doublé à mi chemin du CP2/CP3). Finalement, je fais un stop plus court que prévu, je repars avec mon bâton lumineux, mes 2 bidons à l'eau pure et je branche la musique. Tout de suite je me sens bien, le sable, les dunettes, le soleil qui baisse, le vent plutôt dans le dos, le paysage est superbe. Les couleurs et l'ambiance du désert, les contrastes entre ce bleu et ce jaune sont magnifiques Comme d'habitude je fais ma propre trace et parfois je me retrouve dans un environnement ou je suis vraiment seul. Je retrouve ce désert que j'aime, ce sentiment d'immensité, de plénitude. La musique dans les oreilles renforce ce sentiment de sérénité et je me surprends à sourire et de vraiment gouter au plaisir d'être là. Merci au MDS de procurer ces moments de bonheur. C'est la force de cette compétition de vous offrir à la fois le doute le plus profond et la jouissance absolue sur votre passion de la CAP. Quand la tête va, les jambes suivent et je me retrouve au Km 47 au sommet du Djebel Lahnoune plus tôt que dans mes prévisions. Mon objectif était d'arriver au CP4 avant la nuit (19h15 environ) et là il me reste 2,5 Km et près d'1h00 de marge. Je décide de prendre sur la gauche et de "couper" en suivant la trace d'un coureur. Opération bénéfique puisque j'arrive vers 1830 au CP4. Direct je vais sous une tente et là allongé les pieds en l'air, je déguste (le mot est juste) mes noix de cajou, mon saucisson et mon morceau de chorizo et je laisse tomber le lyo que j'avais prévu, le tout accompagné de Sidi Ali fraiche. Je suis détendu, je me fais plaisir dans ce que je mange et j'ai encore en mémoire les moments forts de ce tronçon d'étape. C'est cool, vive le MDS!

    Après 15 mn de vrai récupération, je repars, j'ai enfilé ma veste Ty Veck. Toujours en léger décalage avec la piste principale, je cherche les zones de sable dur à la lumière de la frontale. Je continue à courir quand je me fais dépasser par le dossard 13. Hé! mais c'est Karim!! Il est parti dans les 50 premiers et il m'a donc mis 3h00 dans la vue en 50 bornes! Je me glisse derrière lui pour profiter de son expérience de renard du désert. Le sentant faiblir, je passe devant et c'est à mon tour de chercher la meilleure voie. Nous sommes à 50 m à gauche de la file lumineuse des concurrents et en alternant marche, course et en se relayant on va parcourir ensemble les 11 km qui nous séparent du CP5. Avec toujours la musique dans les oreilles c'est un nouveau grand moment de plaisir. A la fois celui de courir la nuit (j'adore) à la recherche de la meilleure voie (j'adore) en se sentant performant avec le bonus énorme de partager cela avec une légende de l'épreuve. On franchit ensemble la ligne du CP5. Rapide stop au CP5 ou la batterie de mon Ipod rend l’âme. Tant pis on va finir avec le "silence" du désert. Je me met en mode marche rapide bien aidés par mes bâtons avec dans l'idée de maintenir ce rythme le plus longtemps possible. Ce qui m'intéresse c'est d'arriver avant 2h00 parce que je sais que mes potes Laurent et Nicou ils vont craquer devant leur ordi, si j'arrive pas avant 4h00 heure française:-). Jusqu'au CP 6 je fais tous les mantras ou autres exercices afin de penser à tout autre chose qu'au fait de marcher et d'avancer, avancer... La musique me manque terriblement, c'est un vrai boost surtout quand ça pioche. Je tourne à l'eau pure et j'ai toujours des relents de chorizo, donc pas de sensation de faim.

    J'arrive au CP6 avec l'air et l'allure de celui qui en ras les baskets et qui donnerait une fortune pour être ailleurs. Ce que doit comprendre un contrôleur qui m'a vu arriver car il m'accompagne sous une tente pour m'aider à changer les piles de ma frontale et me réconforte alors que je me lamente sur les batteries de mon ipod HS et des miennes perso, bien faibles. Il m'explique le bonheur de ce qui m'attend à l'arrivée: mon matelas, mon duvet, la position allongée, etc...Je le rassure en lui expliquant que j'ai pas l'intention de m'incruster là et d'ailleurs pour éviter de trop réfléchir à la question je repars! CP5-CP6 et CP6- Arrivée, même combat, je marche sans réfléchir. Pour éviter le spleen de me faire doubler par des anglais ou autres en pleine bourre, je marche à l'écart en évitant les buissons et en jetant de temps à autre des regards sur les repères lumineux pour ne pas dériver. Je me dis que chaque pas me rapproche et que si je ne traine pas trop j'arriverais avant 2h00 donc j'aurais fait mieux que l'année dernière. Je ne force jamais et dès que je sens que je suis en sur régime, je ralentis la cadence. Je n'ai pas envie de me faire mal ni de chercher au delà de mes limites. Je me fais des films, je me raconte des histoires, bref je passe le temps pendant que mes jambes avancent. Et puis un 4X4 annonce 3 Km, je commence à voir des lumières, qui se rapprochent (beaucoup trop lentement), je commence à entendre le bip de ceux qui franchissent la ligne d'arrivée et c'est mon tour à 1h47. J'ai mis 17h03 soit environ 1h30 de moins que l'année dernière. Je suis très lucide et serein. Ravi que ce soit fini. Un petit thé à la menthe, les bouteilles et direction la tente. C'est en arrivant au niveau de la dixième tente et voyant le N°124 que je comprend que je me suis gouré d'entrée sur le bivouac! La galère, il faut que je traverse tout le bivouac et revienne sur mes pas pour enfin trouver la tente 12. Je viens de faire au moins 500 m avec les 3 bouteilles sur les bras! Je m'écroule sous la tente. Gloria arrive à ce moment là. Amandine et Goeffroy dorment et ronflent depuis longtemps. Je prends mon temps pour me déshabiller et enfiler ma tenue de nuit. Je suis calme et fatigué mais pas épuisé ou dans un état second. Rien à voir avec l'année précédente... Bonne nuit!

    Frank/Dossard 201

    Avec les photos: http://dossard201.mds2011.over-blog.com/article-les-chroniques-sableuses-16-le-compte-rendu-partie-3-103923730.html


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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  chtiquicourt le Lun 23 Avr 2012 - 21:40

    Frank, je me régale en te lisant cheers

    Excellente, l'anecdote de la tente 124 lol! ; ça commençait bien par 12 , mais .......

    Ton CR confirme également que c'est sur la longue que l'on fait les rencontres les plus marquantes; alors que tout le monde se demandait ce qu'était devenu Karim , car il n'y avait aucun pointage pour le dossard 13 depuis le départ, tu te l'étais accaparé pour toi tout seul farao farao

    Patrick Cool


    guy

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  guy le Lun 23 Avr 2012 - 22:23

    BRAVO A TOI ET A TES PIEDS:cheers: cheers cheers cheers cheers cheers cheers

    Recit tres vivant avec des details qui donnent la nostalgie(surtout l 'episode sur les soins des pieds)What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face



    Pour les prochains raids,tu prendras comme moi:flower:

    Soit un MP3 a piles''(creative )

    Soit avec une sortie USB un chargeur solaire ou un chargeur a piles(j ai acheté les 2 et ca marche bien(catalogue CONRAD.COM qui est une caverne d Ali baba pour informatique,hifi,tv............reveils,piles...enfin TOUT
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    Frank

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  Frank le Ven 27 Avr 2012 - 17:38

    Suite et fin du CR du MDS 2012 /


    Le Compte Rendu.

    Partie 4

    Jeudi.

    Il fait jour quand j’ouvre un œil. C’est les vacances aujourd’hui ! Au-delà de la perf et du temps mis à parcourir les 81,5 Km, c’est vraiment intéressant de faire cette étape d’une traite afin de vraiment pouvoir profiter d’une nuit (même courte) et d’une journée complète de récupération. Je ne regrette vraiment pas de n’avoir pas fait un break au CP6. Petit dej plus léger (pas d’effort aujourd’hui) et après m’être bien habillé car il fait plutôt froid (et oui malgré l’endroit et la période….) avec le vent violent, direction la tente des mails. Mes ampoules ne me font pas plus souffrir et le pansement n’a pas bougé donc je zappe la visite chez les docs. La nouvelle de l’abandon de Rachid El Morabity (vainqueur l’an dernier et en tête de la course) parcoure le bivouac. Blessé à 1 Km de l’arrivée de la Longue. C’est terrible ! Durant l’écriture du mail, la météo s’aggrave et c’est une véritable tempête sur le bivouac. Le tonnerre et les éclairs et enfin un déluge de pluie et de grêle (oui de grêle !!) s’abat sur nous. Coupure des communications et par précaution on nous rassemble au centre de la tente pour éviter tout contact avec les poteaux ou objets métalliques. Tout le monde pense à ceux qui sont encore en course et qui doivent vivre un véritable calvaire. Il fait très froid et l’eau commence à s’infiltrer de partout. C’est quand même incroyable quand on pense que nous sommes en plein sud du Maroc et qu’hier on avoisinait les 40°C !!!

    Profitant d’une accalmie, je rejoins la tente. Mes colocataires ont fait le maximum pour préserver les sacs et les duvets ou autres matelas. Le soleil brille de nouveau, c’est aussi rapide que violent les orages ici ! On sort le tapis bien trempé et boueux pour une opération séchage. On va profiter de cette après midi pour faire la sieste et récupérer. Pour un peu on se croirait au Club Med, allongé en train de bronzer à côté de la tente, surtout quand on sirote le Coca offert par l’organisation. Oublié les doutes de la veille. On est bien sous la chaleur du soleil, entouré des amis de la tente 12, en train de chambrer les voisins de la 13. En fin d’après midi, tout le monde rejoint la ligne d’arrivée pour assister à celle des derniers de l’étape. C’est toujours un grand moment d’émotion de voir ces coureurs franchir la ligne après plus de 30h00 de course avec les chameaux balais en arrière plan. Leur arrivée est saluée par une haie de coureurs et PB en personne. Dîner et vite au lit, demain c’est l’étape marathon !


    Vendredi 13.5ème étape 42.2 Km.


    Je me sens en forme, comme toujours il me faut un temps d’adaptation et plus on avance dans la semaine mieux je me sens. C’est ça les vieux diesels, faut le temps de se mettre en température et après ça tourne ! J’ai un petit (en fait énorme) challenge avec 25 mn à reprendre à une concurrente. Pas trop mon truc en général, étant plutôt du style à essayer de donner le meilleur sans m’occuper des autres. Le classement et le temps n’étant que des bases de comparaison par rapport à moi-même ou sur des précédentes éditions. Mais là j’ai bien compris au vu des attitudes et du mépris affiché que le match était lancé. Comme je suis un compétiteur je me place sur la ligne, gonflé à bloc.

    Après le passage de dunes, ou j’arrive quand même à trottiner car le sable est resté assez dur, je trouve mon rythme de course. A l’aide de mes bâtons et d’un exercice de souffle (un peu bruyant, mais comme je suis toujours en décalé du peloton je ne perturbe pas la sérénité des autres coureurs), je maintiens jusqu’au CP1 une vitesse de progression plutôt rapide qu’habituellement. J’essaye de maintenir cette cadence entre le CP1 et le CP2. J’ai de bonnes sensations, je suis au-delà de mon rythme habituel, mais sans être dans le rouge. Je profite du décor, le sac est léger, il ne fait pas trop chaud et le vent est plutôt dans le dos. C’est un vrai bonheur d’être là. Après le CP2 on rentre dans une zone de sable d’abord avec des petites dunes et ensuite la traversée de l’Erg Znaïgui. Au vu du Road Book, j’ai constaté qu’il devait y avoir la possibilité de tirer tout droit à partir du Km 24 environ en direction de l’oued avant la montée du djebel (Km 31) et le CP3. On évite ainsi de faire une grande boucle sur la gauche. Aussi dès que je suis dans les dunettes je commence à prendre plein nord au lieu de nord est. Même si cela ne me fait pas gagner du temps, je m’amuse et j’ai cette sensation de courir au milieu du désert en cherchant mon chemin. J’ai toujours plus ou moins un visuel sur la file des concurrents qui s’éloigne, mais qui au final va au même endroit que j’ai dans mon « viseur ». 2 gars ont pris ma foulée et semblent ravi de la « ballade ». Ils me demandent si j’ai un GPS, je leur réponds que non hormis celui que j’ai dans les yeux et mon feeling du truc. Je suis dans mon élément, je m’éclate. Ils finissent par m’appeler Tom Tom et on se prend en photo au creux d’une dune. Durant plus d’une heure c’est un grand moment de plaisir de marcher et courir sur ce sable vierge, en cherchant la trace la plus stable tous les 3 au milieu de l’Erg. On finit par rejoindre la piste et les autres concurrents un peu avant le CP3.

    Juste après le CP3, je continue sur ma lancée en prenant plus à l’Ouest que prévu pour atteindre la passe du djebel Debouâa. Arrivé à ce point, mon idée est de prendre plein nord pour rejoindre le village de M’Fiss, mais un contrôleur m’explique que je dois suivre le balisage et la piste commune. Dommage ! Bon je me suis bien amusé quand même. Je reprends mon rythme de course avec exercices de souffle et je maintiens le rythme afin d’arriver en moins de 6H00. C’est tout bon, je franchis la ligne en 5h54. Très content de cette étape, je danse avec un belge devant la webcam. Je suis en pleine forme, pas du tout éprouvé. Je récupère mon thé et je m’assois à l’ombre pour attendre mon adversaire en espérant qu’elle n’est pas déjà arrivée… 15mn plus tard alors que j’allais récupérer mes bouteilles d’eau je la vois franchir la ligne. Raté, j’ai encore 10 mn de retard. Mais bon je m’en contrefiche vu le plaisir que j’ai pris aujourd’hui et c’est d’un pas guilleret que je rejoins la tente 12 et ses habitants.

    C’est assez drôle de croiser des gens habillés tout propre dans le bivouac. C’est encore plus surprenant quand allongé sous vôtre tente en train de récupérer, ces « touristes » vous regardent comme des bêtes curieuses. Pour un peu on pourrait penser qu’ils vont nous jeter des cacahuètes… On les retrouvera un plus tard lors du concert de musique classique. Un moment de sérénité avec au fond les grandes dunes de Merzouga. Dommage simplement que ces visiteurs, puis la projection des images de TV5 donnent l’impression que la course est terminér. L’ambiance n’est plus la même sur le bivouac. Dernier dîner de lyos à la frontale, puis au lit car il reste quand même 15.5 Km dont 9 dans les plus hautes dunes du Maroc, l'Erg Chebbi.

    Samedi.Dernière étape.

    Ce matin, la bande à Bachir n’est pas là pour nous expulser de nos tentes. C’est le dernier bivouac et ce soir on dormira à l’hôtel à Ouarzazate. Il y a un peu de nostalgie car on se rend bien compte que c’est la fin de l’aventure, que ces quasi inconnus il y a une semaine sont devenus des amis intimes et qu’il va falloir vivre sans eux. On a partagés des moments intenses principalement sous la tente car chacun faisait sa course et que l’on a pu se croiser parfois.sur la piste. Si je me sens si épanoui et heureux de cette aventure, que j’aie le sentiment que ma course fut un réel plaisir c’est avant toute chose grâce à cette ambiance et cette convivialité qui ont régné sous la tente 12. La performance sportive (4h30 de moins que l’année dernière et plus de 60 places gagnées au scratch) est peut être due à une meilleure préparation, à l’expérience, au matériel, mais surtout à la sérénité sur la course et ça là je le dois à Foued, Gloria, Amandine et Goeffroy. Une dernière bise à chacun, un dernier regard à la tente N°12 et direction la zone de départ.

    L'idée pour cette dernière étape c'est d'aller à fond jusqu'au CP1 et ensuite de profiter à fond des 9 Km dans les dunes de Merzouga. Comme toute la semaine je me place derrière les champions. Devant moi, Salameh Al Aqra qui va remporter ce 27 ème MDS, Christophe le Saux notre voisin de la tente 13, 6ème au scratch et 1er Français et mon idole Marco Olmo qui va finir 14ème au scratch à 63 ans !!!!! Je dois être dans le cadre de tous les objectifs des appareils photos et des caméras:-). Après le départ je fais 500m derrière Marco Olmo avant de lâcher prise, et de reprendre mes habitudes à côté du peloton. J'essaye de maintenir un rythme élevé sans toute fois me cramer et j'arrive au CP1 en 41'. Pas de bouteille d'eau, juste un poinçonnage de la carte pour ce dernier CP de la course. Et c'est parti pour une ballade de 9 bornes dans les dunes. Pas vraiment de possibilités de chercher un cap perso, c'est tout droit ! Je reste malgré tout en décalage afin de trouver du sable plus dur. Faire sa propre piste dans les dunes de Merzouga n'est pas toujours bénéfique, le sable est beaucoup plus mou qu'hier et les dunes beaucoup plus hautes. J'atteins parfois le sommet des dunes en m'aidant des mains....Ceci étant je m'amuse bien et je ne rejoins la piste principale que vers une tour qui annonce l'arrivée. Je franchis la ligne en 2h32.

    C'est un peu la cohue pour recevoir la médaille, je remercie Patrick Bauer d'avoir imaginé le MDS et de nous permettre de vivre ces moments. Je récupère mon lunch paquet et une bouteille d'eau (la dernière) et ce que j'attends avec impatience, la galette de pain !! Je retrouve Amandine en compagnie de son père et de son fiancé qui lui a fait la surprise d'être à l'arrivée ! C'est un peu la foire après l'aire d'arrivée. Des gamins vont de concurrents en concurrents pour réclamer des gâteaux ou plus. Je vois même un môme courir avec des bâtons de course, donnés ou volés? Des concurrents énervés en viennent même aux mains et je vois un gamin jeté à terre. Inadmissible ! Il faut les comprendre ces mômes qui voient débouler dans leur village 1000 personnes couvertes de matériel, de vêtements ou de nourriture qu'ils n'imaginent même pas. C'est encore mieux que la vitrine magique de Noël. C'est curieux comme une fois la ligne d'arrivée franchie, les mauvais côtés de certains ressortent. Encore une fois on peut se rendre compte qu'il n'y a pas que des gens biens sur le MDS, mais aussi de sacré connards! Finalement, je laisse Amandine et ses proches attendre Foued et rejoins la zone des bus. J'arrive à prendre le premier qui part de suite (j’aurais eu beaucoup de chance avec les bus). 5H de voyage avant d'arriver à l'hôtel Kos à Ouarzazate ou je profite du plaisir de la douche. Foued arrive plus tard et après sa douche nous finissons au self de l'hôtel ou nous retrouvons les plaisirs de la queue....

    Dimanche

    En fin de matinée c'est la remise des prix au bord de la piscine. On se laisse aller au soleil et je prends un coup de soleil sur le front ! Un sympathique tajine /frites à la Kasbah avec Gloria, Foued et Geoffroy . Un petit tour en ville pour acheter une bouteille de vin et des épices. Un passage à la boutique du MDS pour récupérer le tee shirt finisher et 2/3 souvenirs. Petite sieste et c'est notre dernier repas accompagné de la bouteille de vin.

    Lundi

    Après une nuit agitée entre les ronflements de Foued et la tête qui n'a pas encore fait le constat que la course était terminée, c'est le départ pour l'aéroport à 7h30. Queue pour enregistrer, bousculades, bref ça y'est on est revenu dans la réalité du quotidien. Je retrouve Geoffroy à l'arrivée à Orly, je récupère mes bagages et je fonce prendre un taxi pour choper le TGV de 17h15. C'est bon ! Arrivée gare de la Part Dieu à Lyon, je me gèle pendant 20 mn avant de prendre le train régional pour Saint Etienne.A 21h00, je suis chez moi et après un passage au Mac Do je peux commencer à raconter mon aventure tout en mangeant des frites et en buvant un coca.

    Frank/Dossard 201

    Le même avec les photos: http://dossard201.mds2011.over-blog.com/article-les-chroniques-sableuses-16-le-compte-rendu-partie-4-104132997.html
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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  chtiquicourt le Ven 27 Avr 2012 - 19:59

    Quand on voit certaines photos, on se demande effectivement si c'était le MDS ou le club Med lol!

    Pour ceux qui avaient vu comme moi ta danse de sioux à l'arrivée de la 5ème étape, ce fut un grand moment et le commentaire fut unanime : Frank a la pêche ! Maintenant on sait pourquoi ! RE lol!

    Le pire, c'est que maintenant, il va falloir attendre le prochain MDS pour rêver de nouveau Sad Sad , en attendant d'y retourner Laughing Laughing

    En attendant, bonne récup à tous les sableux 2012 de la tente 12 sunny , encore bravo drunken et à bientôt sur d'autres courses. cheers

    Patrick Cool
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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  cricri le Sam 28 Avr 2012 - 12:30

    Super ton CR Frank , j' y ai retrouvé pas mal d'émotions ressenties l'an dernier sur le 26 ème et du coup ça me donnerait presqu ' envie de résigner pour une nouvelle édition ..... Mais en même temps je crains de ne pas beneficier des conditions climatiques favorables connues en 2011 . Je confirme que il y a dans cette course une majorité de gens merveilleux ( cf les bled runners ) et qui compensent la poignée de concurrents insupportables .

    Avec toute mon admiration pour les concurrents de la tente 12

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    JLM95

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  JLM95 le Dim 6 Mai 2012 - 10:12

    Bonjour à tous
    Excellent Frank le compte rendu ! Dommage pour la réservation de la tente ! Merci Foued de m'avoir proposé une place parmis vous et de votre aide précieuse une fois arrivé au bivouac qui parfois rime avec couac !!!!
    Merci à tous pour les e-mails d'encouragements lus avec une certaine émotion le soir mais aussi le matin avant chaque début d'étape.
    Bonne continuation à tous et bon courage pour vos prochains objectifs .
    JL M

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

    Message  guy le Dim 6 Mai 2012 - 10:29

    Bravo Frank pour ce CR detaillé et vivant.

    Ca donne envie de le tenter ce M D S!

    peut etre dans 2 ou 3 ans quand je serai pret

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    Re: MDS 2012 le compte rendu by Frank

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